Le Rendez-vous Cybersavoir 2013, une journée axée sur le partage !

L’école 2.0 est sur la bonne voie à la CSDM. Des enseignants de 25 écoles sont venus en témoigner lors du 2e Rendez-vous Cybersavoir qui a eu lieu le 21 mars dernier à l’école Laurier. Ces témoignages ont pris la forme de conférences, de tables rondes et de kiosques. Les enseignants y ont partagé leur expérience en intégration pédagogique des TIC. Le Service local du RÉCIT de la CSDM a organisé l’événement. Le Rendez-vous a réuni 161 participants. Retour sur cette journée de partage.

Par Louise Sarrasin

Le Cybersavoir, s’il apporte des investissements technologiques, est d’abord et avant tout une initiative pédagogique qui vise à apporter des modifications profondes à l’environnement d’apprentissage et d’enseignement de l’ensemble des écoles de la CSDM. Pour atteindre son objectif et compte tenu de ses capacités financières et autres, il a fait le choix d’accompagner une vingtaine d’écoles depuis deux ans. Il a d’abord équipé chaque équipe en lui fournissant un chariot de vingt portables, en lui donnant accès à un réseau sans fil et en offrant un TNI en priorité aux enseignants du Cybersavoir. Ainsi, la 1re année, 15 écoles ont été sélectionnées parmi celles qui avaient présenté leur candidature, l’année suivante, 10 écoles.

S’étalant sur toute l’année scolaire, Le Cybersavoir donne avant tout l’occasion aux enseignants des écoles participantes de réaliser des projets pédagogiques pour intégrer les technologies de manière à favoriser l’apprentissage des élèves. Cette intégration comporte deux volets essentiels. Dans le premier, l’élève est appelé à se centrer sur une tâche d’apprentissage à accomplir dans le cadre du projet-école. Dans le second, chaque équipe-école bénéficie d’un accompagnement par les conseillers pédagogiques du Bureau du développement des TIC en pédagogie (BDTP). De plus, dans chaque école, une personne est dégagée de sa tâche d’enseignement pour agir à titre de ressource technopédagogique afin de soutenir la réalisation du projet local, à raison d’une journée par semaine, pour toute la durée du projet. Cette personne et la direction de son école sont accompagnées par un conseiller pédagogique du BDTP qui les soutient, les conseille et les guide dans leurs projets. Le tout dans un seul but : la réussite des élèves.

La CSDM a produit plusieurs documents bien étoffés sur le projet Cybersavoir. Cliquez sur le titre du document pour consulter celui qui vous intéresse :

Éthique et TIC. Réflexion sur la sécurité dans le Cybersavoir

Cybersavoir, synthèse du projet 2010-2012

Cybersavoir 2.0. Les assises pédagogiques du projet Cybersavoir

Un moment-clé

Le Rendez-vous Cybersavoir à la CSDM se veut le moment-clé de l’année où les enseignants des écoles du Cybersavoir partagent les fruits de leur démarche d’intégration pédagogique des TIC avec leurs pairs. Ce faisant, les enseignants ont l’occasion d’échanger avec tous, plus à fond, sur leurs questionnements, leurs découvertes, leurs stratégies gagnantes et les productions de leurs élèves. Le tout a été présenté sous différentes formes : conférences, tables rondes et kiosques.

Programme du Rendez-vous Cybersavoir 2013

Mots de bienvenue

D’entrée de jeu, Marc Croteau, coordonnateur du Bureau du développement des TIC en pédagogie (BDTP) et maître de cérémonie de la journée, a rappelé les objectifs pour les participants. Parmi ceux-ci :

• partager ses bons coups;

• faire part de ses réalisations;

• se réseauter;

• évaluer en quoi les TIC peuvent apporter une valeur ajoutée à l’apprentissage;

• changer ses pratiques d’enseignement

• accroître la réussite des élèves.

Par la suite, Robert Gendron, directeur général adjoint à la pédagogie et aux ressources informatiques à la CSDM, a souligné que l’école 2.0 est très présente dans l’environnement scolaire de la Commission scolaire. Il a cité la diversité des outils technologiques que l’on y retrouve, par exemple : TNI, SKYPE, blogue, etc. Diversité aussi sur le plan pédagogique : pédagogie par projets, pédagogie inversée et autres approches, et ce dans plusieurs disciplines. Diversité également dans les ressources humaines qui accompagnent les écoles, autant en ce qui concerne le soutien technologique que pédagogique.

M. Gendron a expliqué aussi que la CSDM est en période de restructuration. Cette restructuration, il la voit positive et en arrimage avec le Cybersavoir. En effet, pour lui, le développement professionnel est à l’image de cette transformation qui accorde une place importante à la formation par les pairs. M. Gendron estime que le rendez-vous d’aujourd’hui est une occasion de favoriser les échanges professionnels et de prendre conscience de la valeur ajoutée des TIC.

Enfin, Jean-Denis Dufort, commissaire de la circonscription Louis-Riel-Nouveau-Rosemont et membre du comité de validation du Cybersavoir, a tenu à réitérer la confiance et l’engagement de la CSDM à l’égard de l’initiative Cybersavoir. Il a souligné que la Commission scolaire souhaite ultimement implanter le projet dans chaque école afin de permettre à chaque milieu de développer son expertise en TIC. Le but de la Commission scolaire est de favoriser l’innovation et la pratique pédagogique.

Conférence d’ouverture de Stéphane Côté : Le saut dans les TIC

Le conférencier était Stéphane Côté, enseignant du primaire, en 6e année, à l’école Murielle-Dumont de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Détenteur d’une maîtrise en psychopédagogie et motivation, le conférencier a axé sa présentation sur la façon de tirer profit des TIC pour améliorer les résultats des élèves. Choisissant l’originalité, il a fait une analogie entre la salle de classe et la visite d’un quartier. De manière plus précise, le conférencier invitait les gens à imaginer faire un saut d’un édifice à l’autre dans chacun des quartiers afin de découvrir le potentiel des TIC pour les élèves. Par son analogie avec le saut, Stéphane Côté désirait inciter les participants à oser l’intégration des TIC en classe. Chacun des quartiers à découvrir présentait différentes facettes de cette intégration. Il a ainsi abordé quatre aspects :

1. L’amélioration des résultats des élèves. L’enseignant a illustré de différentes manières la façon dont les TIC peuvent faciliter les apprentissages et améliorer les résultats dans différentes disciplines. À titre d’exemple, il a cité : la Bibliothèque virtuelle en mathématique, le projet Gutenberg en français, Google Earth en univers social et Google Arts, en arts. Pour centraliser les apprentissages : Allo Prof ou Net Quiz Pro. Stéphane Côté croit aussi beaucoup aux atouts qu’offre l’apprentissage à distance, entre autres, les MOOC, ces cours ouverts à tous. Par ailleurs, il estime qu’on devrait utiliser la classe pour être en contact avec le monde.

2.  La collaboration par la gestion des fichiers. Dans cette partie de sa conférence, Stéphane Côté a partagé les stratégies de recherche qu’il juge efficaces (cliquez ici pour voir ce document). Il a aussi donné plusieurs exemples de projets et d’utilisation d’outils qu’il juge motivants tels que :

— la création d’histoires collectives, bandes dessinées, photoromans ou autres activités;

— les idéateurs collaboratifs afin de réaliser une tempête d’idée collective;

— l’utilisation du portail de sa commission scolaire pour faciliter le partage de fichiers;

— l’utilisation des médias sociaux : Twitter pour écrire une histoire en 140 caractères, blogue pour partager des nouvelles ou des opinions sur un livre, Facebook, etc.

3. La motivation par la mise en place de projets stimulants tels que, par exemple :

— le théâtre multimédia interactif;

— la participation au projet BaladoWeb, le projet national du RÉCIT;

— la création de livres multimédias avec Didapages, etc.

Ajoutant à cela, la prise de notes collectives à l’aide de l’application Epad mise en place par le RÉCIT et d’autres outils.

4.  Les jeux, la pédagogie inversée et les 4 trucs pour réussir vos sauts. Sur ce dernier point, Stéphane Côté voit 4 conditions gagnantes à l’intégration réussie des TIC :

— le fonctionnement par atelier;

— la loi du 80/20 du temps dédié au TIC au début

— les vents bénéfiques (avant l’Halloween, Noël, la relâche, Pacques, la fin de l’année)

— et l’utilisation du papier pour faire des tests avant de se lancer dans les médias sociaux en ligne.

Voir sur le site de Stéphane Côté, la conférence Le saut dans les TIC.

Les tables rondes

Cette année, le Rendez-vous Cybersavoir a innové en proposant des ateliers de type table ronde. L’idée était de permettre aux gens de s’asseoir ensemble, animateurs et participants, afin qu’ils discutent des projets ou problématiques qui les interpellent dans leur milieu scolaire. Et cela, en encourageant les gens à partager aussi bien leurs ressources, leurs stratégies que leurs difficultés et erreurs. La mise en commun des expertises est un des objectifs importants du Cybersavoir.

Six tables rondes ont été proposées aux participants. Deux d’entre elles se sont attardées au français, langue d’enseignement. Grâce à l’accès à un portable, les élèves ont davantage d’occasions d’intégrer les TIC dans des activités d’apprentissage. En proposant des contextes d’écriture variés où les TIC sont mobilisés, les élèves peuvent être davantage motivés. Ces deux tables rondes ont permis de cibler des activités stimulantes à proposer aux élèves, en écriture, lecture et communication orale.

Trois tables rondes ont porté sur la gestion des portables, une gestion qui se vit différemment d’un milieu à l’autre et qui offre bien des défis aux enseignants. Ainsi, l’une des tables rondes s’interrogeait sur la façon de gérer les portables avec des enfants de 1re année. Tous ont été amenés à partager leurs astuces. Par exemple, une participante a expliqué que dans son école, il y avait une rencontre pour clarifier avec les enseignants l’importance de charger les batteries des ordinateurs après leur utilisation. On a aussi partagé différents moyens de rendre les jeunes élèves plus autonomes : utilisation d’un seul mot de passe pour la classe, installation de raccourcis, organisateurs de signets, etc.

Enfin, une table ronde s’adressait aux enseignants qui intègrent la pédagogie inversée dans leur classe. Les animateurs, après avoir fait part de leur façon de vivre cette approche pédagogique en classe, ont partagé outils, tutoriels, questions avec tous. Les participants ont été appelés à voir comment bonifier l’approche et de la manière de relever les défis qui se rattachent à la pédagogie inversée.

Cliquez ici pour voir les fiches descriptives des tables rondes.

Les conférences

Dans ce type d’ateliers, les animateurs présentaient sous forme de conférences des projets, activités ou pratiques pédagogiques réalisés au sein de leur école dans le cadre du projet Cybersavoir. Ils y expliquaient la démarche et la réflexion qui sous-tendent ceux-ci, l’illustrant d’exemples.

En tout, 14 ateliers de type-conférence ont été offerts, couvrant différentes disciplines et s’adressant à différentes clientèles. Par exemple :

— En sciences, au secondaire, le projet Cyberscience. Parmi les intentions pédagogiques de ce projet, il y a celle de développer des stratégies d’apprentissage appropriées aux sciences et pouvant être réinvesties dans d’autres disciplines. Il y aussi celle d’utiliser des logiciels pour le développement de méthodes de travail efficaces, par exemple, l’outil CMAP pour construire un réseau de concepts.

— En français : une histoire collective réalisée avec iMovie avec partage d’idées et stratégies d’exploitation du logiciel. Exposition d’une démarche vécue par une équipe-école pour créer un journal scolaire ainsi qu’un conte dont on est le héros.

— D’autres ateliers ont touché le TNI en classe. Dans l’un d’eux, on abordait les forces de l’outil, des conseils d’utilisation, des stratégies et outils, ainsi que la façon de l’exploiter de manière pédagogique. En particulier, dans un atelier, on a mis en valeur des fonctionnalités de l’outil qui permettent de travailler la métacognition et la collaboration, ceci afin de rendre l’enseignement avec l’outil plus actif.

— Présentation aussi de différents projets multimédias au service de l’apprentissage, développés par une équipe d’enseignants.

— Présentation d’ateliers thématiques mettant en valeur les sciences et les TIC ainsi qu’un journal étudiant. Un atelier a porté aussi sur un projet entrepreneuriat tout à fait original qui vise à développer des comportements écoresponsables par la mise en place d’une friperie à l’école.

— Pédagogie de projet et TIC dans une école primaire alternative. On y constate que les technologies sont utilisées dans l’esprit de cette approche pédagogique qui mise avant tout sur l’autonomie, la créativité de l’élève et le respect de son rythme et de ses désirs d’apprentissage.

— Enfin, les technologies mises au service des élèves en difficultés d’apprentissage. Par exemple, l’utilisation de l’outil WordQ et ses bénéfices pour l’élève.

Cliquez ici pour voir les fiches descriptives des conférences.

Les kiosques

Si les ateliers insistaient davantage sur les processus derrière les projets et les sujets abordés, les kiosques étaient là pour montrer les résultats. Ainsi, lors de la visite, les participants ont pu voir plusieurs projets réalisés à l’aide des TIC :

• En français : production de textes variés réalisés par les élèves à l’aide de différents logiciels, journal

• Journal virtuel scolaire sous forme de blogue, magazine Web, livres interactifs.

• Résumé de livre multimédia réalisé à l’aide de logiciels tels que Notebook, Audacity et l’outil Capture.

• Contes, carnets publicitaires, slam et poésie présentés sous différents formats numériques.

• Analyse de textes poétiques, lecture orale de récits de voyage exploitant Garage Band, BD à l’aide de Pixton.

• Chronique d’information sur une radio Web.

• Communauté en mathématique comportant un répertoire de ressources à l’apprentissage.

• Portfolio électronique Éduportfolio dans lequel un élève dresse un portrait de sa personnalité, de ses aspirations et où il prend conscience de ses apprentissages, ce qui lui permet de se situer par rapport au marché du travail.

• Utilisation des TIC dans différents domaines d’apprentissage avec présentation des canevas d’activités, dont un projet en univers social réalisé grâce à RÉCITUS à l’école Saint-Martyrs-Canadiens.

• Carte interactive des Amériques et livre d’appréciation des livres américains ainsi des projets vécus en classe DGA-TA.

• Projet axé sur la différence dans le cours Éthique et culture religieuse.

Cliquez ici pour voir les fiches descriptives des kiosques.

En bref

Le partage d’expertise fait partie de l’essence même du Cybersavoir. Tout au long de l’année, les écoles qui y participent, ont la responsabilité de laisser des traces des mille et une façons dont elles intègrent les TIC dans l’apprentissage des élèves et dans leur enseignement. Si les résultats des projets et des innovations pédagogiques sont importants, les processus qui mènent à leur réalisation le sont tout autant. Une journée comme celle-là démontre aussi que les technologies ont le potentiel de modifier les pratiques des enseignants. La coconstruction, la pratique réflexive, la mise en commun sont des éléments-clés pour le succès d’un projet Cybersavoir. Le Rendez-vous Cybersavoir a été l’occasion pour les équipes-écoles de démontrer ce qu’elles font au quotidien pour améliorer la réussite scolaire des élèves.

Pour en savoir plus

Site du Réseau Cybersavoir. En particulier, voir la page du site qui propose les Documents d’accompagnement des ateliers du Rendez-vous Cybersavoir 2013.

Blogue de la présidence de la CSDM

Conférence d’ouverture de Stéphane Côté : Le saut dans les TIC prononcée le 21 mars 2013 à l’école Laurier, commission scolaire de Montréal.